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Numéro
Nat. Sci. Soc.
Volume 25, Numéro 1, January-March 2017
Dossier « L’agriculture dans le système alimentaire urbain : continuités et innovations »
Page(s) 100 - 108
Section Repères – Events & books
DOI https://doi.org/10.1051/nss/2017011
Publié en ligne 14 juin 2017

Agriculture, alimentation

Diffusion and transfer of knowledge in agriculture
Christian Huyghe, Pascal Bergeret, Uno Svedin (Eds)
Quæ, 2016, 203 p.

This book focuses on innovation in the agri-food system and the new paradigm drawn by bioeconomic approaches and principles. It draws on contributions presented during the 29th EURAGRI annual conference held in Luxemburg (September 2015) as well as on other workshops organised as part of EURAGRI. EURAGRI is an informal gathering of EU research and higher education organisations and ministries interested in agri-food research. It works as a platform of exchange and discussion on topics of common interest pertaining to the organisation, orientation and outlook of agri-food research in Europe in connection with global changes.

Systèmes agroalimentaires en transition
Pasquale Lubello, Alain Falque (Eds)
Quæ, 2017, 184 p.

Vers quel état caractéristique futur le système agroalimentaire actuel pourrait-il se diriger, ou devrait-il se diriger ? Par quel chemin, cette transition pourrait-elle ou devrait-elle s’opérer ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage dont le thème est celui de la transition des systèmes agricoles et alimentaires actuels vers des systèmes agricoles et alimentaires soutenables. Par transition, les auteurs entendent en première analyse le passage – et les modalités du passage – de ces systèmes, de leur état insatisfaisant actuel vers leur état souhaitable futur.

Cette question de la transition des systèmes agroalimentaires est déclinée sous les multiples angles de vue que peuvent offrir diverses disciplines des sciences sociales (gestion, économie, sociologie, anthropologie et philosophie) appliquées à différents objets (agriculture, alimentation, filières).

Les auteurs dressent un panorama critique des différents éléments de réponses susceptibles d’être apportées, en faisant autant que possible le lien avec les différents courants théoriques qui les supportent. L’ouvrage est le fruit d’un travail collectif d’une équipe d’enseignants-chercheurs, celle du département Sciences économiques, sociales et de gestion (SESG) de Montpellier SupAgro. Il résulte de la mise en commun, à partir d’approches théoriques différentes dans des domaines de recherches, de réponses aux questions qui leur sont régulièrement posées, aussi bien par de futurs ingénieurs agronomes que par divers acteurs du milieu professionnel, dans le cadre de demandes d’expertise variées.

L’ouvrage est écrit à l’intention de tous ceux qui, ayant une culture de base en agronomie ou en sciences sociales, s’intéressent à l’avenir de ces systèmes agricoles et alimentaires, au niveau français, européen ou mondial, sans être pour autant déjà spécialistes de ces mêmes questions.

Animal et société

Le phénomène du vivant.
Buytendijk et l’anthropologie philosophique
Florence Burgat, Christian Sommer
MétisPresses, 2016, 166 p.

À l’intersection de la phénoménologie, de la psychologie, de la biologie et de l’éthologie, l’œuvre de Frederik F. Buytendijk fait aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt dans le cadre de la philosophie de l’animal et de l’anthropologie philosophique. Cet ouvrage rassemble pour la première fois en langue française une série d’études destinées à présenter le travail du grand savant néerlandais en montrant toutes les implications historiques et actuelles de son œuvre multiforme.

Les contributions composant Le phénomène du vivant accordent une attention particulière à l’explication de Buytendijk avec la biologie théorique d’Uexküll et la psychologie de son temps. Elles mettent également en lumière le débat fécond qu’il a pu mener avec la phénoménologie, notamment avec Husserl et Merleau-Ponty, mais aussi avec Plessner.

L’étude fort influente que Buytendijk a rédigée avec Plessner en 1925, L’interprétation de l’expression mimique, est ici traduite pour la première fois en français, mettant à disposition du public un document majeur du courant de l’anthropologie philosophique.

Développement durable et transitions

Économie circulaire et territoires
Yvette Lazzeri, Dominique Bonet Fernandez, Mariane Domeizel (Eds)
Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2017, 204 p.

L’économie circulaire est « un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie » (ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie).

Les initiatives se multiplient partout en France pour produire ou consommer autrement en donnant une nouvelle vie à un produit ou en la rallongeant. Pour autant, sortir de la logique linéaire qui imprègne notre quotidien est complexe et l’économie circulaire reste un domaine « émergent ». À la mutation du modèle productif s’imposent un changement de pratiques, des formes nouvelles de coopération entre acteurs et par là même de nouveaux instruments méthodologiques et techniques.

L’objet de cet ouvrage, actes des Rencontres annuelles de l’Économie circulaire et territoires organisées en 2014 par le pôle Développement durable et territoires méditerranéens de l’Université Aix-Marseille, est d’interroger les principes d’économie circulaire et de proposer un regard croisé sur les conditions d’opérationnalisation, en s’appuyant sur les expertises d’équipes de recherche, de managers et d’élus. Selon trois axes : approches générales, approches normatives et territoriales et domaines d’application.

L’économie circulaire. Une transition incontournable
Sébastien Sauvé, Daniel Normandin, Mélanie McDonald (Eds)
Les Presses de l’Université de Montréal, 2016, 192 p.

On estime que, chaque année, la population mondiale consomme davantage de ressources renouvelables que ce que la planète peut générer. Cette tendance va en s’accentuant, puisque, dans le monde, les classes moyennes prennent de l’ampleur et la pauvreté extrême diminue. Dans ce contexte, l’économie circulaire suscite un intérêt grandissant des citoyens, des entrepreneurs, des gouvernements, ainsi que du monde universitaire.

Pour éviter l’épuisement des ressources, cette économie de « demain » propose la réduction du gaspillage. Elle s’appuie sur l’allongement de la durée d’usage des produits, l’intensification du recyclage – voire la fin des déchets –, la gestion durable des ressources, des politiques encadrant la production, ainsi que l’usage partagé des biens et des services. Enfin, elle se dissocie résolument d’une croissance illimitée de la consommation de ressources.

Ce livre, écrit sous l’égide de l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (I-EDDEC), présente les réflexions d’une cinquantaine d’experts, notamment en environnement, en génie industriel ou chimique, en management, mais aussi en économie, en géographie, en anthropologie et en philosophie. Dans une langue accessible, il fait le point sur la nécessité de se tourner vers un modèle respectueux des limites de la planète et qui contribue au bien-être des individus et des collectivités.

Histoire de l’économie sociale.
De la Grande Guerre à nos jours
Michel Dreyfus
Presses universitaires de Rennes, 2017, 264 p.

La rédaction de la loi sur l’économie sociale et solidaire (2014) a suscité de nombreux débats qui montrent la difficulté à définir cette notion. L’économie sociale prend son envol à la fin des années 1970, puis l’économie sociale et solidaire émerge deux décennies plus tard. Elles reposent sur trois mouvements fort anciens : les sociétés de secours mutuels et les coopératives apparues dans les années 1830, ainsi que les associations à la fin du XIXe siècle. Mutuelles et coopératives commencent alors à se structurer à l’échelle nationale ; de leur côté, les associations restent dispersées. Ces trois mouvements n’ont aucun lien à l’heure où la notion d’économie sociale, défendue par des penseurs les plus divers, progresse.

Mais la Grande Guerre introduit une rupture : l’économie sociale disparaît complètement de la scène. Dès lors, associations, coopératives et mutuelles poursuivent leur développement avec discrétion, au moment où l’État joue un rôle croissant dans l’économique et le social. Les trois mouvements restent à l’arrière-plan de la scène à la Libération et durant les Trente Glorieuses ; ils n’en continuent pas moins leur marche en avant. Puis on assiste au retour de l’économie sociale en raison du rapprochement esquissé à partir des années 1970 entre les trois mouvements. Le recul de l’État, sensible une décennie plus tard, favorise cette évolution qui va se poursuivre jusqu’à nos jours.

Ce livre retrace l’histoire de ces trois mouvements ainsi que celle, beaucoup plus récente, des fondations, quatrième composante de l’économie sociale et solidaire, et étudie les modalités de leur rapprochement à la veille de l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981. Il décrit leur implantation dans différents groupes sociaux et professionnels et examine les modalités de leur rapport au politique qui se pose tout au long de cette histoire. Il s’interroge enfin sur le projet de l’économie sociale et solidaire aujourd’hui : prend-elle en charge des besoins sociaux que l’État est de moins en moins capable d’assumer ou bien esquisse-t-elle un autre modèle de société ?

Les inégalités environnementales
Catherine Larrère
Presses universitaires de France, 2017, 104 p.

Le risque environnemental est-il égalisateur ? Certains voudraient le croire. Ainsi Ulrich Beck écrivait-il, en 1986, dans La société du risque : « La pénurie est hiérarchique, le smog est démocratique. » Mais si la globalité des dégradations environnementales expose l’humanité entière à un destin commun, cela n’empêche pas que les populations humaines, entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, sont très inégalement affectées par ces dégradations et y contribuent de manières tout aussi inégales. De façon générale, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchées, tout en étant les moins responsables de la situation.

L’objectif de ce livre est donc de faire apparaître parallèlement la dimension environnementale des inégalités sociales et les effets inégalitaires des politiques écologiques. Il propose une approche pluridisciplinaire, car ce phénomène ne se réduit pas à un déterminisme simple. Il s’agit de comprendre comment ces inégalités, qui se creusent autant par le haut que par le bas, sont aussi un obstacle à une transition écologique réussie.

Ruralité, nature et environnement.
Entre savoirs et imaginaires
Philippe Hamman (Ed.)
Érès, 2017, 528 p.

Réunissant des chercheurs issus de différentes disciplines des sciences sociales, l’ouvrage offre un état des lieux, à la fois large et synthétique, rétrospectif, d’actualité et prospectif, des rapports complexes entre ruralité, environnement et nature. Dans cette perspective, il poursuit deux grands objectifs complémentaires : revenir sur un certain nombre de problématiques « à rebonds » en revisitant des dichotomies classiques : nature-société, urbain-rural, cultivé-sauvage, protéger-développer, représentations-pratiques, etc. ; discuter de problématiques territoriales qui ont émergé plus récemment, autour des enjeux d’environnement ou encore par rapport à la transition socioenvironnementale.

En remettant en question aussi bien une vision passéiste du rural (vu en soi comme conservatoire de traditions, de la nature, etc.) que la tentation de fin de l’histoire où le rural serait dissous dans un urbain généralisé, les auteurs renouvellent ainsi conjointement les études rurales et d’environnement françaises à l’heure des appels au « développement durable ».

Sortir de l’impasse
Appel des 138 économistes
Les Liens qui libèrent, 2016, 224 p.

Alors que les politiques néolibérales continuent de creuser les inégalités et d’alimenter le désastre social, quantité d’alternatives crédibles, pour sortir de l’impasse, sont à portée de main, soutenues par ces économistes de sensibilités très diverses. Dans le prolongement de leur Appel, cet ouvrage présente de nombreuses propositions : Quelles réponses à la crise de l’Europe et l’euro, et quelle politique salariale adopter ? Comment engager la transition énergétique et concilier l’écologie et le plein emploi ? Comment domestiquer la finance tout en entreprenant une nouvelle gestion des entreprises ? Et enfin comment répondre à l’ubérisation et quelles réformes du droit du travail proposer ? Leurs réponses, aussi pertinentes que porteuses d’espoir, montrent implacablement qu’il est toujours possible de réenchanter l’avenir, y compris en matière d’économie.

Vers une société post-croissance. Intégrer les défis écologiques, économiques et sociaux
Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal, Dominique Méda (Eds)
L’Aube, 2017, 224 p.

Le terme post-croissance désigne l’entrée dans une ère que nous ne parvenons pas encore à nommer, si ce n’est par référence à celle que nous quittons. Les symptômes qui signent la fin d’une époque sont clairs et sans appel : la poursuite de la croissance économique ne constitue plus un projet de société crédible. Toutefois, y renoncer pose aux économistes (théoriciens et praticiens) des défis majeurs qui exigent de reprendre à leur racine, sous un éclairage transdisciplinaire, les questions dont ils traitent couramment. Ensemble, les neuf chercheurs réunis dans cet ouvrage s’interrogent : Quels sont les problèmes majeurs qui surgissent à l’esprit dès lors que l’on abandonne un objectif de croissance continue ? Par où passe la transition vers un autre horizon ? Quels sont les courants de pensée et les modes de gouvernance susceptibles d’articuler un projet cohérent ? Chacun des auteurs apporte un regard spécifique, une pièce au puzzle qu’il s’agirait à l’avenir d’assembler.

Énergie

Transition énergétique. Une chance pour l’Europe
Claude Turmes
Les Petits matins, 2017, 480 p.

Cet ouvrage est le récit de la lutte d’influence acharnée qui a lieu depuis une quinzaine d’années au sein des institutions européennes entre les « architectes » de la transition énergétique – qui ont posé les jalons des politiques en faveur des renouvelables et de l’efficacité énergétique – et ses opposants.

Avancées et reculs en la matière ont rythmé ce début de siècle, de l’enthousiasme du début des années 2000 jusqu’à la régression d’après la crise économique de 2008. Or, pour se tourner vers un avenir énergétique plus respectueux de l’humain et de l’environnement, il faut agir dès maintenant sur tous les fronts possibles afin d’accompagner cette profonde mutation : législations sur l’énergie et le climat, budgets européens et nationaux, institutions financières, recherche et développement, accords commerciaux, gouvernance, infrastructures et investissements.

Mais chaque proposition trouve en travers de son chemin des lobbys et des cercles d’influence – à l’image du groupe Magritte, réunissant les entreprises d’énergie les plus polluantes et rétrogrades – qui infiltrent au plus haut niveau les circuits de décision européens.

Ce livre témoignage permet d’accéder aux coulisses du processus décisionnel européen pour comprendre comment se font et se défont les politiques de l’Union européenne, alors que se joue l’avenir d’un bien essentiel du quotidien des citoyens et des entreprises : l’énergie.

Écologie, biodiversité, évolution

Compensation écologique.

De l’expérience d’ITER à la recherche d’un modèle
Virginie Mercier, Stéphanie Brunengo-Basso (Eds)
Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2016, 86 p.

Longtemps ignorée et perçue comme un outil de dernier recours, la priorité devant aller à la prévention des atteintes au milieu naturel, la compensation écologique, mise sous les projecteurs par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, est aujourd’hui devenue une notion phare du droit de l’environnement. Des questionnements persistent néanmoins du fait d’imprécisions juridiques qui résident dans la notion même de compensation, les difficultés liées à l’évaluation de la perte de biodiversité, ou encore la pluralité des compensations écologiques donnant lieu à des régimes juridiques afférents dissemblables. Il est certain que l’indétermination initiale d’un régime des mesures de compensation a permis une grande flexibilité dans leur application, au bonheur des acteurs économiques, mais a également généré des difficultés, voire des défaillances pratiques lors de la mise en œuvre effective de ces mesures de compensation.

Au vu de ces différents constats, l’équipe de l’Institut de droit de l’environnement et du développement durable s’est tournée vers l’Agence ITER France, avec qui la Faculté de droit et science politique d’Aix-Marseille a développé un partenariat, afin d’étudier la mise en œuvre de mesures compensatoires, à partir d’un exemple d’une envergure particulièrement contraignante et novatrice du fait, notamment, du cadre de concertation mis en place pour définir les mesures compensatoires pertinentes. L’étude du modèle mis en œuvre permettra d’en retirer les éléments caractéristiques et d’en apprécier la portée. Partir de cette expérience pragmatique présente l’intérêt scientifique de rechercher à conceptualiser un modèle de référence, tout en examinant également d’autres expériences de compensation mise en œuvre par des maîtres d’ouvrage différents.

The intergovernmental platform on biodiversity and ecosystem services (IPBES). Meeting the challenge of biodiversity conservation and governance
Marie Hrabanski, Denis Pesche (Eds)
Routledge, 2016, 254 p.

Twenty years after the Convention on Biological Diversity (CBD) entered into force, the founding of the Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES) in 2012 was the outcome of a long process of setting biodiversity issues at the top of the global environmental agenda. With contributions from more than a dozen well-renowned researchers in political science, law and sociology, this book analyzes IPBES functioning and challenges in terms of the knowledge selection process and actors involved.

The book reveals that, through its conceptual framework, IPBES promotes a pluralistic view of nature that calls for a broadening of the disciplinary frontiers. It combines natural science and social science research and also includes indigenous and local knowledge. IPBES is considered to represent the institutionalization of a permanent knowledge assessment on biodiversity and is often referred to as an IPCC success story, constituting a new stage in global environmental governance. In analyzing the knowledge selection process for IPBES decision making, the book better situates IPBES within the biodiversity and global governance domain. It ultimately argues that the establishment of IPBES provides a new opportunity to coordinate the different international conventions (CBD, RAMSAR, CITES, etc.) and initiatives (international assessment of marine biology, scientific programs, funding, etc.).

Gestion des ressources

De quoi Total est-elle la somme ?

Multinationales et perversion du droit
Alain Deneault
Rue de l’échiquier, 2017, 512 p.

« Total » : c’est ainsi qu’ils ont choisi de la nommer, comme dans un mauvais film tout en hyperboles. Active dans plus de 130 pays, cette société s’affaire à exploiter, traiter et distribuer des produits issus du pétrole, tout en œuvrant dans le gaz, l’énergie solaire, la production électrique et l’industrie chimique. Le capital dont dispose cette firme traduit le fait d’une histoire chargée, couverte par l’état du droit ou par la complicité des États. Ce capital est le fruit d’actions tentaculaires sur un plan politique et économique, allant de la participation à des cartels internationaux capables de jouer sur les prix à l’accaparement de ressources dans le contexte néocolonial africain, en passant par la délocalisation d’actifs dans des États complaisants, par l’externalisation des coûts de production sous une forme massivement polluante et par la collaboration avec des partenaires pratiquant le travail forcé. Dans cet essai, Alain Deneault démontre que le cas Total ne témoigne pas seulement du pouvoir de cette entreprise en particulier, mais de celui d’une poignée de multinationales qui font aujourd’hui la loi.

Se pencher sur l’histoire de Total et de ses composantes généalogiques, c’est montrer comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l’Afrique à des fins d’exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et des représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d’interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques surendettant leurs peuples, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques en théorie pourtant souverains, de nier des assertions de façon à épuiser des adversaires judiciaires, d’asservir des populations ou de régir des processus de consultation.

Chacun de ces verbes fait l’objet d’un chapitre dans cet ouvrage. Ils représentent une série d’actions sidérantes que l’ordre politique actuel ou récent a permises à des multinationales de mener en toute impunité, indépendamment des textes législatifs et des institutions judiciaires, ou grâce à eux. En complément, un court essai intitulé Le Totalitarisme pervers met en perspective les cas décrits précédemment et interroge de façon conceptuelle le fonctionnement même des multinationales.

Integrated groundwater management.
Concepts, approaches and challenges
Anthony J. Jakeman, Olivier Barreteau, Randall J. Hunt, Jean-Daniel Rinaudo, Andrew Ross (Eds)
Springer, 2016, 762 p.

The aim of this book is to document for the first time the dimensions and requirements of effective integrated groundwater management (IGM). Groundwater management is a formidable challenge, one that remains one of humanity’s foremost priorities. It has become a largely non-renewable resource that is overexploited in many parts of the world. In the 21st century, the issue moves from how to simply obtain the water we need to how we manage it sustainably for future generations, future economies, and future ecosystems. The focus then becomes one of understanding the drivers and current state of the groundwater resource, and restoring equilibrium to at-risk aquifers. Many interrelated dimensions, however, come to bear when trying to manage groundwater effectively. An integrated approach to groundwater necessarily involves many factors beyond the aquifer itself, such as surface water, water use, water quality, and ecohydrology. Moreover, the science by itself can only define the fundamental bounds of what is possible; effective IGM must also engage the wider community of stakeholders to develop and support policy and other socioeconomic tools needed to realize effective IGM.

In order to demonstrate IGM, this book covers theory and principles, embracing: 1) an overview of the dimensions and requirements of groundwater management from an international perspective; 2) the scale of groundwater issues internationally and its links with other sectors, principally energy and climate change; 3) groundwater governance with regard to principles, instruments and institutions available for IGM; 4) biophysical constraints and the capacity and role of hydroecological and hydrogeological science including water quality concerns; and 5) necessary tools including models, data infrastructures, decision support systems and the management of uncertainty. Examples of effective, and failed, IGM are given. Throughout, the importance of the socioeconomic context that connects all effective IGM is emphasized. Taken as a whole, this work relates the many facets of effective IGM, from the catchment to global perspective.

Risques

Faire face aux risques dans les sociétés contemporaines
Sylvia Becerra, Michèle Lalanne, Julien Weisbein (Eds)
Octarès, 2016, 280 p.

Aujourd’hui les risques environnementaux et sanitaires sont omniprésents. Comment penser ces risques ? Comment les mettre en mots en dépit des incertitudes qui pèsent sur leur définition et le partage des connaissances à leur sujet ? Comment vivre avec des dangers inhérents aux environnements qui nous sont les plus familiers ? Pour répondre à ces questions, les contributeurs de cet ouvrage explorent les logiques et les pratiques sociales par lesquelles les sociétés et les individus construisent leur rapport aux risques environnementaux.

Des diverses contributions ici réunies émergent trois configurations sociales du « Faire face » aux risques dans les sociétés contemporaines, ancrées dans l’ordinaire des mondes et dans la vie quotidienne des individus. En revisitant des risques plus ou moins bien prévus et mesurés, plus ou moins connus et renseignés (séismes, tsunamis, inondations, pollution intérieure, risques alimentaires, contaminants chimiques ou organiques, risques industriels, etc.) cet ouvrage contribue à une « sociologie du risque ordinaire ».

Santé

Écologie de la santé.

Pour une nouvelle lecture de nos maux
Stéphane Blanc, Gilles Boëtsch, Martine Hossaert McKey, François Renaud (Eds)
Le Cherche Midi/CNRS Éditions, 2017, 191 p.

L’actualité nous le rappelle sans cesse : les maladies comme le paludisme, le Sida, Ebola ou Zika sont difficiles à combattre et les maladies chroniques de type cancer, diabète ou maladies cardiovasculaires toujours plus meurtrières. Pour la première fois de son histoire, l’humanité voit même son espérance de vie diminuer. Pour comprendre les raisons de cette crise sanitaire, l’écologie scientifique pose un autre regard sur la santé qui prend en considération les transformations de l’environnement et l’évolution de nos modes de vie.

Cette nouvelle approche évolutive et écologique des problèmes de santé tente d’élucider les mécanismes en jeu dans la transmission et l’émergence de nouveaux pathogènes, mais aussi dans la résistance toujours croissante aux antibiotiques. Elle permet de mesurer l’effet des facteurs environnementaux sur la santé : concentration urbaine et industrielle et nouveaux comportements induits en matière d’alimentation et d’activités physiques.

Cet ouvrage rédigé par des spécialistes issus des laboratoires du CNRS ou associés fait le point sur les recherches en écologie de la santé. Il permet à chacun de comprendre pourquoi il est essentiel de remonter aux sources environnementales et comportementales de nos maux, et de ne pas se limiter aux symptômes.

Histoire et philosophie des sciences

Humanités environnementales.

Enquêtes et contre-enquêtes
Guillaume Blanc, Élise Demeulenaere, Wolf Feuerhahn (Eds)
Publications de la Sorbonne, 2017, 352 p.

Histoire environnementale, anthropologie de la nature, sociologie de l’environnement… : on assiste, depuis une trentaine d’années, à la multiplication de sciences humaines et sociales qui prennent l’environnement pour objet et revendiquent de voir ainsi leur épistémologie transformée. Le foisonnement de ces labels est tel que, aujourd’hui, certains souhaitent les rassembler sous une bannière commune, celle d’« humanités environnementales ».

Plutôt qu’un manifeste, cet ouvrage propose une histoire des humanités environnementales au prisme des disciplines (anthropologie, histoire, philosophie, géographie, sociologie, études littéraires, sciences politiques, économie, droit). Il retrace pour la première fois l’émergence intellectuelle et institutionnelle de ces domaines d’étude. En prêtant attention à la pluralité des débats et des controverses passés, ce livre décrypte un paysage singulier de la recherche internationale contemporaine : celui des sciences humaines et sociales aux prises avec l’environnement.

La révolution sociologique. De la naissance d’un régime de pensée scientifique à la crise de la philosophie (XIXe-XXe siècle)
Marc Joly
La Découverte, 2017, 584 p.

Au tournant du XIXe et du XXe siècle, l’ordre de la pensée, du savoir et des représentations a été ébranlé par la sociologie naissante. L’image de l’« homme », de l’existence humaine, s’en est trouvée profondément bouleversée. Cette révolution sans morts ni barricades a en revanche fait de nombreuses victimes, à commencer par la philosophie. Face à l’idée d’une autonomie et d’une singularité irréductible des faits sociaux, parachevant le développement d’approches objectivistes de l’esprit humain, la philosophie s’est retrouvée acculée, sommée de se redéfinir et d’abandonner à la sociologie, au moins provisoirement, les terrains de la morale et des conditions de possibilité de la connaissance.

Avec Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies en Allemagne, Émile Durkheim et surtout Gabriel Tarde en France, la sociologie consacra, tout d’abord, le principe d’une pluralité de déterminations historiques et objectives pesant sur l’existence humaine. Elle ratifia, ensuite, l’avènement d’une conception nouvelle de la construction théorique, respectueuse de la complexité et de la force contraignante des faits ainsi que de la nature « sociale » des catégories de pensée et des pratiques de production et de transmission des connaissances.

Une grande partie de la philosophie du XXe siècle peut être lue comme une réponse à cette révolution cognitive. C’est ainsi qu’Henri Bergson, Georges Canguilhem, Martin Heidegger, William James, Karl Jaspers, Maurice Merleau-Ponty ou encore Bertrand Russell sont soumis, ici, à une grille d’analyse inédite. Un ouvrage aussi documenté qu’audacieux, qui offre la première histoire croisée de la sociologie et de la philosophie.

La science en action

Décider de ne pas décider. Pourquoi tant de blocages ?
Michel Claessens
Quæ, 2016, 132 p.

Après Petit éloge de l’incompétence, Michel Claessens revisite un autre sujet familier : la décision et plus exactement, l’absence de celle-ci, la non-décision. Dans beaucoup de domaines, les non-decision-makers ont pris le pouvoir. Est-ce par commodité, par manque de courage ou simplement parce que, complexité oblige, toute décision est désormais difficile ? C’est en tout cas une tendance lourde. De plus en plus, en politique comme en technoscience, on ne décide plus ou il n’y a plus rien à décider. Énergie nucléaire, réchauffement climatique ou organismes génétiquement modifiés : autant de sujets pour lesquels des décisions ne sont pas prises ou ne peuvent plus être prises. Trois types de non-décisions sont présentés dans cet ouvrage. Certaines d’entre elles ne sont qu’une forme particulière et souvent triviale de décisions. D’autres obéissent à des mécanismes spécifiques dans lesquels les technologies jouent un rôle essentiel en assurant leur déploiement à tous les niveaux de la société.

Ce petit livre nous conduit au pays des blocages et du laisser-faire pour découvrir une face encore cachée de nos usages de la science, de la technologie et de leurs impacts sur nos choix.

Le gouvernement des disciplines académiques.
Acteurs, dynamiques, instruments, échelles
Martin Benninghoff, Cécile Crespy, Jean-Émile Charlier, Jean-Philippe Leresche (Eds)
Éditions des archives contemporaines, 2017, 256 p.

Comment les disciplines sont-elles gouvernées ? Comment se transforme le gouvernement des disciplines ? Comment les modalités d’allocation des ressources matérielles et symboliques évoluent-elles entre les disciplines ? Le gouvernement des disciplines agit-il sur la convergence ou la différenciation disciplinaire ? Le gouvernement des disciplines est-il travaillé par une pluralité de logiques (académique, scientifique, managériale, économique), ou n’est-il plus guidé que par des logiques qui découlent d’injonctions néolibérales et managériales ? Quels instruments d’action publique permettent de défendre les disciplines et quels sont ceux qui, au contraire, en fragilisent les frontières ?

Basé sur des enquêtes empiriques, cet ouvrage appréhende le gouvernement des disciplines à partir du travail sur les frontières épistémiques, du jeu d’échelles local/global et des instruments d’action publique. La diversité des contextes analysés (France, Royaume-Uni, Suisse, Belgique, Roumanie et Rwanda), les différentes disciplines étudiées (sciences pour l’ingénieur, chimie verte, science politique, géologie, sciences du vivant, médecine, génomique, microélectronique) permettent de souligner que le gouvernement des disciplines est un processus complexe dont la configuration n’est pas imposée par la simple nécessité de s’adapter au contexte. Au contraire, il implique des médiations plurielles entre injonctions interdisciplinaires et « forces de rappel » disciplinaires, des découplages entre activités d’enseignement et de recherche, des dynamiques en lien avec les demandes sociales et les instruments du « gouvernement à distance ».

Justice cognitive, libre accès et savoirs locaux.
Pour une science ouverte juste, au service du développement local durable
Florence Piron, Samuel Regulus, Marie Sophie Dibounje Madiba (Eds)
Éditions Science et bien commun, 2016, 515 p.

Fruit de deux importants colloques tenus à Port-au-Prince (Haïti) en mars 2016 et à Yaoundé (Cameroun) en mai 2016 à l’initiative du projet SOHA, ce livre présente en 37 chapitres écrits par 40 auteurs de 13 pays un panorama des enjeux actuels de la justice cognitive en Haïti et en Afrique francophone. Comment rendre l’information scientifique et technique mondiale plus accessible dans les pays des Suds, tout en valorisant les savoirs qui y sont créés ou transmis ? Quel rôle peut jouer le mouvement du libre accès aux ressources scientifiques dans un contexte où l’accès au web est loin d’être généralisé ? Les universités haïtiennes et africaines sont-elles prêtes à prendre le virage de la science ouverte pour plus de justice cognitive entre le Nord et les Suds et pour devenir des outils de développement local durable ? Comment développer les capacités et le pouvoir d’agir des chercheurs et chercheuses, étudiants et étudiantes d’Haïti et d’Afrique ? Articles, essais, études empiriques, témoignages, traductions : ce livre chatoyant, plurilingue, plurinational, donne la parole à des hommes et des femmes de différents horizons qui souhaitent partager leurs savoirs et leurs idées, au nom de la justice cognitive.

Rapports sciences, technologies et sociétés

Bulles technologiques
Catherine Larrère, Raphaël Larrère
Wildproject, 2017, 128 p.

Créer la vie à partir de rien, éradiquer définitivement certaines espèces, annuler le vieillissement, faire travailler des nanomachines à notre place… On peut penser que détenir une telle puissance, c’est s’exposer à des catastrophes de même ampleur. Mais ces promesses ont-elles la moindre consistance ?

Les angoisses technophobes ne sont-elles pas le revers des espoirs technophiles ? Les nanotechnologies ont beaucoup promis, surtout dans le domaine de la santé, mais qu’ont-elles produit ? Les promesses technologiques cherchent surtout à aspirer dans leurs bulles ceux qui y croient, pour attirer les crédits.

Bulles technologiques propose de replacer les entreprises technologiques dans leur contexte social et naturel. Il s’agit de saisir conjointement les transformations du monde social qu’elles sont susceptibles d’apporter, et leur insertion problématique dans leur contexte naturel. Car la technique est un mode essentiel de relation à la nature.

Créer la vie : ce n’est pas que cette ambition soit sacrilège, c’est qu’elle est mensongère. Les pouvoirs de la technologie sont bien plus limités que ses promoteurs ne le prétendent. Les techniques interviennent toujours dans une nature que nous n’avons pas produite.

Les nouveaux enjeux de la connaissance.
Dynamiques numériques de l’accès et du partage
Renaud Fabre
ISTE editions, 2017, 204 p.

Après avoir révolutionné la communication globale, les réseaux sociaux numériques investissent le monde de la science. Secteur le plus stratégique de la société de l’information, il représente 2 millions de chercheurs publiant dans 25 000 journaux couvrant tous les domaines du savoir.

Les nouveaux enjeux de la connaissance décrypte cette révolution accompagnée de grands défis : défi du partage, défi de l’évolution du travail de la science, défi de sa diffusion. Il propose une vue d’ensemble de ces nouvelles frontières stratégiques des connaissances en analysant les sources de l’innovation, ses acteurs et ses détenteurs. L’accès à l’information à l’heure du numérique est étudié ainsi que ses enjeux économiques. Avec ses plateformes géantes, la science distribue et partage désormais à coût nul et à très grande échelle tous les savoirs disponibles.

Cet ouvrage aborde également la question de la protection de la connaissance à travers la législation et les politiques publiques mises en vigueur.

Sciences en société. De la Renaissance à nos jours
Stéphane Van Damme
Documentation photographique, 8115, La Documentation française, 2017, 64 p.

Ce dossier s’appuie sur les travaux de la nouvelle histoire des sciences qui s’écrit depuis les années 1970. Désormais, l’historien des sciences tente de comprendre comment les hommes, situés dans des lieux et des sociétés différenciés, insérés dans des réseaux multiformes, croisant sciences, techniques, savoirs et savoir-faire ont participé à l’évolution de notre monde. En bref, voici un dossier qui ravira tous ceux que l’histoire des sciences passionne, qu’ils soient étudiants, amateurs éclairés ou simplement curieux de son histoire.

Techno-sciences en société
Jean-Claude Ruano-Borbalan (Ed.)
Innovations, Revue d’économie et de management de l’innovation, 52, 1, De Boeck, 2017, 248 p.

Les discours historiques de la « vulgarisation » ou de la « diffusion de la culture scientifique et technique » ont été renforcés par la création d’institutions dans l’espace politique et culturel, et par l’avènement de politiques puissantes de « valorisation des savoirs ». La « culture scientifique, technique et industrielle » que décrivent plusieurs articles de ce numéro d’Innovations, Revue d’économie et de management de l’innovation, est lié à un mouvement général aux pays industriels que l’on nomme aujourd’hui public communication of science and technology.

Les rapports entre science, technique et société, vus au prisme de la circulation des savoirs scientifiques et technoscientifiques, sont contraints par les formes institutionnelles ou organisationnelles, notamment par la généralisation d’une scolarisation de plus en plus poussée dans les sociétés contemporaines. Ils sont également et fortement liés aux techniques intellectuelles ou matérielles utilisées pour leur circulation, comme l’illustre le rôle que jouent les outils de communication en réseaux et les technologies digitales. Les auteurs montrent que les questions concernant la « valorisation » du savoir scientifique datent du XIXe siècle.

Qu’est-ce qui fait qu’un savoir devient conforme aux croyances et aux règles d’une société à un moment donné ? Qu’est ce qui fait qu’il y est valorisé ou sert de support de valorisation à des stratégies politiques ou économiques ? Quelles en sont les procédures ? Comment produit-il des innovations ?

Interdisciplinarité

Transdisciplinary research and practice for sustainability outcomes
Dena Fam, Jane Palmer, Chris Riedy, Cynthia Mitchell (Eds)
Routledge, 2017, 268 p.

Transdisciplinarity is a form of research and practice that synthesises knowledge from a range of academic disciplines and from the community. There is now global interest and a significant body of work on transdisciplinarity and its potential to address the apparently intractable problems of society. This creates the opportunity for a specific focus on its practical application to sustainability issues. Transdisciplinary research and practice for sustainability outcomes examines the role of transdisciplinarity in the transformations needed for a sustainable world. After an historical overview of transdisciplinarity, Part 1 focuses on tools and frameworks to achieve sustainability outcomes in practice and Part 2 consolidates work by a number of scholars on supporting transdisciplinary researchers and practitioners. Part 3 is a series of case studies including several international examples that demonstrate the challenges and rewards of transdisciplinary work. The concluding chapter proposes a future research pathway for understanding the human factors that underpin successful transdisciplinary research.

Sciences humaines et sociales

Comment pensent les forêts.

Vers une anthropologie au-delà de l’humain
Eduardo Kohn
Zones sensibles, 2017, 336 p.

Les forêts pensent-elles ? Les chiens rêvent-ils ? Dans ce livre important, Eduardo Kohn s’en prend aux fondements même de l’anthropologie en questionnant nos conceptions de ce que cela signifie d’être humain et distinct de toute autre forme de vie. S’appuyant sur quatre ans de recherche ethnographique auprès des Runa du Haut Amazone équatorien, Comment pensent les forêts explore la manière dont les Amazoniens interagissent avec les diverses créatures qui peuplent l’un des écosystèmes les plus complexes au monde. Que nous l’admettions ou non, nos outils anthropologiques reposent sur les capacités qui nous distinguent en tant qu’humains ; pourtant, lorsque nous laissons notre attention ethnographique se porter sur les relations que nous tissons avec d’autres sortes d’êtres, ces outils – qui ont pour effet de nous aliéner du reste du monde – se révèlent inopérants. Comment pensent les forêts entend répondre à ce problème. Cet ouvrage façonne un autre genre d’outils conceptuels à partir des propriétés étranges et inattendues du monde vivant lui-même. Dans ce travail révolutionnaire, Eduardo Kohn entraîne l’anthropologie sur des chemins nouveaux et stimulants, qui laissent espérer de nouvelles manières de penser le monde, monde que nous partageons avec d’autres sortes d’êtres.

Hyper-lieux.
Les nouvelles géographies de la mondialisation
Michel Lussault
Seuil, 2017, 320 p.

Et si l’on regardait le Monde autrement ? C’est à cela que ce livre s’attache. Il part du constat que bien des analyses de l’évolution du Monde contemporain insistent sur son uniformisation irrémédiable. La standardisation des paysages, des objets et des pratiques, imposée par la globalisation du capitalisme financiarisé, installerait un espace lisse et « plat », où les distances disparaissent, où chaque position vaut une autre, où les différences culturelles s’estompent, où l’individu est aliéné et sa sociabilité appauvrie.

Or, une observation attentive confronte immédiatement à des situations bien plus complexes. En effet, il est frappant de constater que le Monde se différencie de plus en plus en lieux qui s’affirment comme des « prises » sur la mondialisation, des attracteurs et des ancrages de la vie sociale. Ce sont des endroits où la cohabitation des individus se concrétise, se réalise et s’éprouve dans toute sa richesse, sa créativité et son intensité d’expérience vécue. Les « hyper-lieux », où convergent les humains et les réalités matérielles et immatérielles, en sont l’emblème : bon gré mal gré, des sociétés s’y composent et même des formes politiques nouvelles s’y ébauchent. Ainsi le Monde est à la fois toujours plus globalisé et homogène et de plus en plus localisé et hétérogène : cette tension est constitutive des nouvelles géographies de la mondialisation.

Citation de l'article : 2017. Sélection thématique de livres. Nat. Sci. Soc. 25, 1, 100-108.


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